La retraite faut la prendre jeune, faut surtout la prendre vivant.

Y117 : Fade – XFLN-F- DO6H-Q : Gallente Administrative Outpost – DO6H-Q II – C’EST LE NORD


«-  Hey G ‘Kar! Tu m’entends?
– Euh… JFken bien-sûr, mais tu me feras pas changer d’avis, mon interface restera en Caldari….
Ça fais des années que je pilote comme cela et je m’en sors aussi bien que les autres, et je préfère comprendre tout ce qu’il y a dans mon interface, tu sais bien que le Minmatarr j’ai du mal, et puis je dérange personne… »
– Oui c’est vrai, mais tu montres pas le bon exemple aux nouvelles recrues…
– Vilain Vilain G’Kar, c’est à cause de toi si les newbros meurent !
– Saya fous le camp de ce canal ! T’as rien à faire là !
– Oui chef !
– Et ne m’appelles pas chef !
– Trop tard elle est déjà partie Jfken… »
Comment tout ça a commencé déjà ?… :
Reprenons depuis le début…

Y107 : Lieu classé Secret Défense :

Je suis, non j’étais le Major Fusiliers L. T. Matricule CN.82SCD025 des Forces Spéciales de la Caldari Navy Spécialiste des actions en profondeurs, Groupe Alpha d’Anti Terrorisme et Extraction de Ressortissants (ATER)
Carrière exemplaire, de nombreuses missions de combat à mon actif, décoré de nombreuses distinctions pour des faits « officiels ». Pour les non officiels on ne récompense pas….
Une pointure dans mon domaine de l’époque, Recherche, Identification, Suppression…
Ma plus grande qualité, ma longévité, en effet à 40 ans je regarde autour de moi et je m’aperçois que je suis un des seuls de ma génération encore en service actif la plupart sont soit mort, soit ont quitté le service actif pour des postes moins risqués, ou ont complètement raccroché…
Depuis le temps que ma femme me le demande, je me suis donc décidé le jour anniversaire de mes 25 années effective de service (ouais, je sais quand je me suis engager dans la Caldari Navy j’ai un peu triché, j’avais tout juste 15 ans… ils en demandaient 16 minimum…) et je prends rendez-vous avec mon chef pour quitter le service actif.
« Salut T. que t’arrive-t-il »
« Écoute Dan, j’ai 40 balai, je veux profiter du reste de ma vie et pas y rester comme les copains, trouve moi une place dans une académie que je me mette au vert.. »
C’était fait deux mois plus tard (La Navy rigole pas avec ça, un Commando pas sûr psychologiquement ne reste pas en Groupe, et puis mon chef était un de ceux qui ont su quitter l’actif en restant dans le circuit… du coup il comprend ma position, ça aide toujours d’avoir des amis bien placés…)
je me retrouvais donc, six mois plus tard (le temps de prendre quelques vacances bien méritées) instructeur sur Samanuni XI Base de formation des Forces Spéciales Caldary à faire faire leurs lacets et leurs lits à des Bleues. Une belle période de ma vie d’ailleurs…
Et puis il y a eu ça…

YC 108: Black Rise – Aokinen – Samanuni XI
Je quitte trois journées d’instruction tactique pratique sur les actions autonomes en profondeurs, également appelées Black Ops, comme les autres (longue, exigeante tant physiquement qu’intellectuellement) avec une classe particulièrement intéressante, intéressée et motivée de futurs sous-officiers de terrain. Je déborde comme toujours car je mets un point d’honneur à ne quitter une session d’instruction qu’en étant sûr que TOUS les élèves aient compris et assimilé la leçon (je me suis pris au jeu de l’instruction), fatigué certes comme d’habitude mais avec un plus de je ne sais quoi. Retour à la maison, repas en famille câlin à madame et bisous aux enfants… avant de rejoindre mon simulateur de vol perso (j’aurais voulu être Capsuler mais ce n’est pas aussi simple…)
Je lance le jeu, début de partie et puis….
« – T. tu m’entends ?.. » (La voix de ma femme me réveille, pourquoi elle me réveille ?…)
– Heu… Oui… »
– T. Tu sais où tu es ?… »
– Heu…. Non… » (Et merde je suis encore tombé en embuscade avec les potes du groupe et j’ai encore pris une charge… elle va me tuer…)
– Ne paniques pas, tu es à l’hôpital, en service réanimation, tu as fait une fibrillation ventriculaire et trois jours de coma, tu t’en sors bien, avec à priori aucune séquelles, tout va bien maintenant… »
– Ouais bah moi qui voulais pas y rester en opération je suis bien servi là…. »
Du coup c’est partis série d’examen à la pelle en vois-tu, en voilà…. Service de réanimation, hospitalisation classique, puis rendez-vous avec le Doc, le verdict tombe !
« – Madame, monsieur, j’ai une mauvaise nouvelle »
Bon lui on voit que c’est un vrai doc et pas un psy… il est nul pour la prise en charge psychologique du patient et de sa famille…
La mauvaise nouvelle tombe, j’ai un syndrome de dégénérescence cellulaire avancé, il me reste 2 ans à vivre… la gueule de la nouvelle !
Bon je ne reste pas dans le doute longtemps, mon vieux pote Dan, mon ancien chef (j’ai oublié de préciser, il est Amiral dans la Navy), attendait depuis le début dans la coursive et me propose un deal.
« – Tu as une option… devenir Capsuler, normalement, on le ne fait pas pour quelqu’un d’aussi vieux et sans réelle compétence innée pour le pilotage mais la Navy veut essayer de récompenser ton abnégation pendant autant d’année…. » (Ouaip mon pote m’aime bien, on a fait les quatre cents coups ensemble, mais là c’est trop beau, y’a sûrement baleine sous gravier…)
Tu n’as pas beaucoup d’option, en même temps, soit tu refuses et il te reste 2 ans maximum à vivre soit tu acceptes et tu as une chance d’être sauvé…
– Mais ?… Il y a toujours un MAIS, Dan…. C’est quoi ce coup-ci ?… »
– Il n’y a pas qu’un mais, il y en a plusieurs…. Premièrement vu ton âge et ta pathologie tu as encore plus de chance de te retrouver grillé qu’un prétendant « classique » lors du premier transfert. Deuxièmement pour toi devenir Capsuler c’est abandonner son passé, son ancienne vie, femme et enfant… pour eux tu seras mort aux champs d’honneur, toi tu auras tout oublié..»
Mon offre ne durera pas éternellement, dans moins d’une semaine ta dégénérescence sera trop avancée pour supporter le transfert. Appel moi dans 48h quelle que soit ta réponse… »
S’en suivent de longues discutions sur la valeur d’une vie passée oublié et d’un avenir incertain, les pleurs de tristesse de tout perdre, la rage comme l’univers en entier et son injustice, la prise de conscience qu’un jour peut-être la vie nous rassemblera, l’instinct de survie qui vous pousse quelques soit les conséquences, la décision de vivre et de faire ce putain de pacte avec le Diable et au final d’atteindre le rêve de tout être vivant, L’IMMORTALITE….
« – Allo ?…. Dan ?…
– Oui T. … Alors ?…
– OK !…
– Très bien dans quelques minutes tu recevras par le réseau une assignation de mission, ne prends rien avec toi, tout te sera fourni… dit adieu à ta famille et assure G. que si elle a besoin de quoi que ce soit, excepté avoir des informations sur ta nouvelle situation, elle n’hésite pas. De toute façon je n’en saurais pas plus qu’elle au final. »

YC 108 : The Forge – Kimotoro – Kisogo: Station – Kisogo VII – State War Academy – School

“Bonjour Major! Que puis-je faire pour vous?” (Dites donc mais c’est qu’elle est cocotte l’hôtesse d’accueil ! j’en ferais bien un petit quatre heure !)
– Nouvelle assignation de mission voici l’ordre de transfert !
– Ah… très bien, je vois… quelqu’un va venir vous chercher… » (Ah, elle sourit moins d’un coup ….)
«- Major, veuillez me suivre s’il vous plait, nous n’avons pas de temps à perdre. » (Burk ! Là j’ai plus faim du tout ! une vrai sorcière de conte de fée…)
Et c’est repartit ambiance blanche et aseptisée, batterie de test, toilette aux micro-ondes pour éviter tout problème d’infection…. etc. La nouveauté c’est l’incinérateur pour les effets personnels et la purge capillaire, je ne sais pas si c’est le terme approprié, mais imaginez-vous sans plus un poil sur le corps… c’est étrange comme sensation ! Mais je n’en n’ai pas fini avec les sensations étranges.
Me voilà déambulant à poil (enfin si on peut encore le dire) derrière cette sorcière, dans une station qui semble déserte…
«- Entrez ici Major !
– Ok »
J’entre dans la salle, une espèce de bloc opératoire avec la table opératoire au milieu, il y a un type dessus d’ailleurs et des docs autour. Dans le périmètre du bloc, cette salle circulaire, tout un tas de trucs électronique auxquels je pige rien. En hauteur une grande baie vitrée, avec des gens derrière, je ne discerne rien, ils sont en contre-jour.
Un des gars qui est autour de la table se retourne et vient vers moi.
«- Ah ! Major vous voilà enfin…
– Euh… ouais…
– Bien, tout est prêt, venez donc par ici que je vous présente quelqu’un…»
Il me traîne vers la table, moi je n’ai pas trop envie de voir un gars en train de se faire triturer à l’intérieur… mais bon il a l’air super fier de son truc le doc, alors je le suis…
«- Waouh ! Putain merde mais c’est moi là !!! » C’est pareil ! Lui il n’est pas Psy !!! C’est sûr…
Sur la table le mec, il me ressemble trait pour trait, la seul différence c’est les fameux plugs des Capsulers… j’ai à moitié la gerbe…
«- Oui effectivement ça peut surprendre la première fois que l’on voit son clone…
– Pourquoi il a la même tête que moi du coup, si je suis censé tout oublier ?
– Euh… Eh bien, disons que, votre cas est particuliers et que nous avons suivis une procédure standard censée ne pas déstabiliser les prétendant habituels au transfert…
– Et puis vous êtes allé super vite pour avoir un clone aussi vieux non ?…
– Euh, oui…, nous avons du matériel très performant, évidement….
Mais ne perdons pas de temps. Voici la procédure, vous devez vous installer dans le tube de transfert qui est là, et engager le transfert par vous-même. Il y a autant de psychique que de physiologique pour supporter le transfert. Pour certains ce peut être assimilé à un suicide et si le futur Capsuler ne prend pas lui-même part en décidant du transfert il y a un risque de refus du moi profond, vous comprenez ?… »
Ouaip ! En gros, soit il est trop feignant pour appuyer sur le bouton, soit il veut se couvrir si ça marche pas…
Je m’avance vers la table regarde ce type qui est mon moi futur… de toute façon ma décision est déjà prise, je m’installe dans le tube de transfert. Il se referme sur moi tel un cocon de Crystal.
Le bouton rouge est là scintillant dans la pénombre qui s’est installée sans hésitation je le presse…
Flash Blanc, la fin d’une vie, le début d’une autre….

3 réflexions sur « La retraite faut la prendre jeune, faut surtout la prendre vivant. »

  1. Une fois n’est pas coutume, ce texte n’est pas de moi mais de G’Kar Kosch, le portrait qu’il m’a envoyé était tellement bien détaillé et écrit que je ne voyais pas pourquoi le modifier !

    donc all credits à G’Kar !

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